La multinationale Coca-Cola, déjà pointée du doigt comme le plus grand contributeur à la pollution plastique dans le monde, pourrait atteindre un nouveau seuil alarmant d’ici 2030. Selon un rapport publié par l’organisation internationale de défense des océans, Oceana, l’utilisation de plastique par la société pourrait atteindre 4,1 millions de tonnes par an, soit une augmentation de 20% par rapport à 2023.
Le rapport met en lumière une projection inquiétante : chaque année, plus de 600 000 tonnes de plastique provenant des emballages de Coca-Cola pourraient finir dans les cours d’eau et les océans. Cela représente une quantité suffisant pour remplir les estomacs de plus de 18 millions de baleines bleues. Ces chiffres vertigineux illustrent l’impact dévastateur que l’entreprise pourrait avoir sur l’environnement si elle ne modifie pas son modèle économique.
Cette étude n’est pas isolée. Selon des recherches publiées dans la revue Science, Coca-Cola est déjà la plus grande source de plastique retrouvé dans les milieux naturels. Les experts appellent à des mesures plus radicales pour contrer cette pollution grandissante.
Pourtant, des solutions existent pour réduire cette pollution. Oceana suggère qu’en adoptant des emballages réutilisables, Coca-Cola pourrait inverser la tendance. Si la multinationale augmentait la part de ses emballages réutilisables à 26 % d’ici 2030, contre seulement 10 % aujourd’hui, elle pourrait réduire considérablement sa consommation de plastique à usage unique. Par exemple, une bouteille en verre réutilisable, qui peut être utilisée jusqu’à 50 fois, permettrait d’éviter la production de 49 bouteilles en plastique jetables.
Cependant, la stratégie actuelle de Coca-Cola semble être un autre chemin. En 2022, l’entreprise a investi près d’un milliard de dollars dans l’achat de plastique recyclé. Une démarche qui, selon Oceana, ne suffira pas à stopper la pollution marine. En effet, même le plastique recyclé, lorsqu’il est jeté dans l’environnement, contribue à la dégradation des écosystèmes marins et à la contamination de la chaîne alimentaire humaine.
Ce constat survient après la participation de Coca-Cola en tant que principal partenaire de la COP27 en 2022, un soutien qui a été vivement critiqué par des ONG comme Greenpeace. L’organisation a dénoncé l’hypocrisie de l’entreprise, soulignant qu’elle est le principal pollueur plastique au monde, tout en se vantant de ses engagements écologiques. La présence de Coca-Cola à cet événement climatique a ainsi suscité des interrogations sur la cohérence entre ses actions et ses déclarations publiques.
En 2022, Coca-Cola a été classée première dans les audits mondiaux de l’initiative Break Free From Plastic, une campagne internationale de lutte contre la pollution plastique. L’organisation souligne que 99% du plastique est fabriqué à partir de combustibles fossiles, contribuant ainsi à la fois à la pollution plastique et aux émissions de gaz à effet de serre.
La situation actuelle de Coca-Cola met en lumière la nécessité d’un changement radical dans la gestion des déchets plastiques au niveau mondial. Les solutions sont bien connues, mais elles nécessitent un véritable engagement des grandes entreprises, qui semblent aujourd’hui plus intéressées par des solutions à court terme comme le recyclage, plutôt que par un changement de modèle vers la réutilisation. Les années à venir seront cruciales, et si Coca-Cola persiste dans son approche actuelle, la pollution plastique continuera d’alimenter un cercle vicieux qui menace gravement nos écosystèmes marins et la biodiversité.