Au Bénin, l’affaire de fraude présumée dans le dédouanement d’un camion au poste frontalier d’Hillacondji prend une tournure significative. Le ministère public de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a requis la liberté provisoire pour l’ancien chef de brigade et son secrétaire, tous deux accusés d’abus de fonction.
Lors de l’audience du 17 mars 2025, le dossier a été examiné, mais le ministère public a demandé un renvoi afin de présenter ses réquisitions. Finalement, le premier substitut du procureur spécial a plaidé pour la mise en liberté provisoire des deux douaniers, arguant que les débats n’avaient pas fourni d’éléments accusateurs solides à leur encontre.
La défense, menée par Me Ayodélé Ahounou et Me Timothée Yabit, a salué cette demande, soulignant la prudence et l’objectivité du ministère public. La Cour a décidé de renvoyer le dossier au 31 mars 2025 pour examiner les réquisitions du ministère public et écouter les plaidoiries des avocats.
Cette affaire implique cinq douaniers, dont deux sont actuellement sous mandat. Le chef de brigade est accusé d’avoir mal géré le dédouanement d’un camion transportant environ 630 balles de tissus, alors que seulement 49 balles ont été déclarées au poste de douane. Le chef de brigade a affirmé qu’il n’avait pas signé la main levée pour la libération des marchandises et qu’il ignorait les accusations portées contre lui jusqu’à ce qu’il reçoive un appel du ministre d’État chargé des finances, l’informant de son limogeage en raison de « graves irrégularités ».
L’inspecteur des douanes, quant à lui, a exprimé sa préoccupation face aux accusations qui pèsent sur lui, se sentant menacé après avoir reçu la notification de son directeur régional. Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité au sein des services douaniers et le traitement des irrégularités dans le dédouanement.