Politique & Société

Fermeture des écoles durant le Ramadan : un choix contesté au Nigeria

Au Nigeria, le débat sur la fermeture des écoles pendant le Ramadan a pris de l’ampleur, notamment dans le Nord du pays. Depuis le 3 mars 2025, quatre États du Nord, dont Kano, ont décidé de fermer toutes les écoles publiques et privées pendant le mois sacré du Ramadan, affectant ainsi 11,5 millions d’élèves. Ces mesures, prises en réponse à l’importance religieuse du jeûne pour la communauté musulmane, soulèvent des interrogations sur leur impact sur le calendrier scolaire national et sur la place de la religion dans les décisions publiques.

Le Ramadan et les choix des autorités

Le Ramadan est l’un des cinq piliers de l’Islam, un mois sacré de jeûne et de prière pour des millions de musulmans à travers le monde. Dans ces États du Nord, la fermeture des écoles vise à permettre aux élèves de mieux vivre cette période religieuse, en soulageant la pression académique pendant cette période de privation. Cependant, cette décision n’est pas sans controverse. Certains, comme Ishaq Akintola, directeur de l’organisation Muric (Muslim Rights Concern), affirment que le Ramadan est une affaire purement musulmane et qu’il ne devrait pas être soumis à des compromis politiques ou sociaux. Pour lui, cette mesure devrait être vue comme une reconnaissance du caractère religieux de cette période.

Une réponse divisée au sein du pays

Cependant, la décision n’est pas unanime. Dans l’État de Sokoto, l’un des centres spirituels de l’Islam au Nigeria et résidence de l’autorité musulmane la plus élevée du pays, les écoles restent ouvertes pendant le Ramadan. Le Sultan de Sokoto, Alhaji Muhammad Sa’ad Abubakar, n’a pas encore pris de position publique concernant cette fermeture et semble respecter une approche plus modérée en matière d’éducation pendant cette période.

Les autorités scolaires dans d’autres États du Nord, où la loi islamique complète parfois la loi républicaine, continuent de maintenir l’ouverture des écoles, mais le débat reste vif. Certaines voix s’élèvent pour dire que la fermeture des écoles durant le Ramadan pourrait affecter les performances académiques des élèves et perturber leur parcours éducatif.

L’enjeu de l’intégration des diverses communautés

Au-delà des préoccupations religieuses, cette décision soulève des questions sur l’intégration des différentes communautés du pays. Le Nigeria, avec ses diverses communautés ethniques et religieuses, doit jongler entre les besoins des musulmans et ceux des autres groupes. Alors que le Sud, majoritairement chrétien, et d’autres régions non-musulmanes du pays restent en activité durant le Ramadan, les mesures prises dans le Nord renforcent les tensions entre les régions et soulignent les différences dans l’application des politiques publiques en fonction des réalités religieuses locales.

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